La transition écologique moins coûteuse que l’inaction et le maintien du système actuel

La mise en place d’un système respectueux de l’environnement nécessite de très nombreux investissements que certains considèrent encore comme des « coûts ». 

En effet, les politiques qui s’y opposent, ou minimisent les effets de la crise climatique, craignent que la mise en place de dispositifs environnementaux plus stricts viennent affecter la compétitivité des entreprises nationales.  

De surcroît, les coûts initiaux de la transition écologique doivent inexorablement être supportés par les états, les entreprises mais aussi les consommateurs. Cela pèse davantage sur les ménages à faible revenu, car les produits et services respectueux de l'environnement sont généralement plus chers. Il est donc important de penser l’écologie de façon équitable, en faisant contribuer chacun en fonction de ses propres moyens. 

Malgré des réticences qui ont encore la peau dure, de nombreuses études affirment que l'inaction climatique provoque des conséquences bien plus coûteuses que le financement de la transition écologique. Ces conséquences, nous les ressentons déjà aujourd’hui et elles continueront de s’aggraver si nous ne faisons rien.  

Elles ne sont pas seulement financières, elles sont sociales, environnementales, sanitaires, démocratiques et interrogent jusqu’à notre rapport au vivant.  

 

  1. Définir la notion de « coût environnemental » 
  2. Les causes des catastrophes naturelles en constante augmentation 
  3. Les conséquences des catastrophes naturelles sur le plan humanitaire
  4. L’inaction climatique renforce l’instabilité agro-alimentaire mondiale 
  5. Dégradation des infrastructures et des bâtiments causés par le dérèglement climatique 
  6. Les impacts néfastes sur l’économie et les chaînes d’approvisionnement 
  7. Dommages sanitaires et coûts de la santé publique dans un contexte de crise climatique mondial 
  8. Coûts géopolitiques et augmentation du risque des conflits  
  9. Quel est le coût de la transition écologique ? 
  10. L’investissement responsable comme outil de stabilité sociale et économique à long terme 

 

Définir la notion de « coût environnemental » 

Les perturbations ou altérations infligées à l'écosystème, couramment désignées sous le terme de dommages environnementaux, englobent toutes les actions qui entraînent une détérioration, une dégradation ou une altération durable de la qualité et du fonctionnement de l'environnement, ainsi que des écosystèmes.  

De plus, ces actions peuvent également réduire de façon significative les quantités de ressources naturelles disponibles. Ces dommages infligés à l'environnement ont des répercussions sur le bien-être des individus, ce qui génère des « coûts environnementaux », selon les termes des économistes. 

 

Ces coûts, tant pour l'écosystème que pour les ressources naturelles, sont rarement assumés par les parties responsables de leur origine, et ils échappent à toute régulation par les mécanismes habituels du marché. Cette situation peut entraîner une intensification des préjudices infligés à l'environnement et une exploitation excessive des ressources, se faisant sans aucune considération pour les coûts supportés par la société ou l'environnement. 

 

« De la même manière, la biodiversité est un facteur de production (à l’instar du travail et le capital) qui contribue à la production de valeur ajoutée. Ainsi la pollinisation par les insectes en France est un service qui est évaluée à 2.8 milliards d’€ en 2010 ce qui représente 8,6 % de la valeur de la production végétale française à destination humaine (EFESE, 2016) ».1 

 

Selon l’ONU, les pertes économiques liées à la crise écologique ont considérablement augmenté au fil des années, passant d'une moyenne de 49 millions de dollars par jour dans les années 1970 à 383 millions de dollars par jour entre 2010 et 2019. Sur la même période, les tempêtes, générant des dégâts matériels évalués à 521 milliards de dollars, se distinguent comme la principale source de préjudices et engendrent les pertes économiques les plus significatives à l'échelle mondiale, d'après les données de l'OMM (Organisation Météorologique Mondiale). Dans leur ensemble, toujours entre 2010 et 2019, les dommages matériels imputables aux catastrophes naturelles s'élèveraient à 3 640 milliards de dollars.  

 

 

Rapport du GIEC : Agir pour le climat ne coûte pas si cher, infographie réalisée par Novethic

 

Selon les informations fournies par l'ONU, sept des dix catastrophes les plus onéreuses de ces cinquante dernières années se sont produites après 2005, dont trois rien qu'en 2017 : les ouragans Harvey (entraînant près de 97 milliards de dollars de dégâts), Maria (causant près de 70 milliards de dollars de dommages) et Irma (occasionnant près de 60 milliards de dollars de pertes économiques).2 

D'après les projections établies par le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), les avantages économiques induits par les actions d'atténuation du réchauffement climatique permettraient, in fine, de diminuer des coûts liés aux catastrophes et à l’adaptation. Leur sixième rapport conclut d’ailleurs que « les bénéfices économiques mondiaux de la limitation du réchauffement à 2°C l'emporteraient sur le coût de l'atténuation dans la majorité des évaluations effectuées » 3. 

 

Les causes des catastrophes naturelles et de leur augmentation 

 

 

L'inaction face au changement climatique peut conduire à une augmentation des événements climatiques extrêmes tels que les ouragans, les inondations, les sécheresses et les incendies de forêt. Les coûts associés à la reconstruction et à la réparation après de tels événements peuvent être énormes, non seulement en termes de pertes économiques, mais aussi en vies humaines. 

 

Avec plus de 50 ans de recul, les études scientifiques sont consensuelles, l'augmentation des températures mondiales est en grande partie due aux émissions de gaz à effet de serre provenant de l'utilisation d'énergies fossiles et des activités humaines dans leur ensemble.4 Les vagues de chaleur, les sécheresses et les tempêtes tropicales deviennent plus fréquentes et plus intenses à mesure que le climat se réchauffe. 

 

Des températures océaniques plus élevées alimentent la formation de cyclones plus puissants, et une atmosphère plus chaude augmente la capacité de l'air à retenir l'humidité et entraîne des précipitations plus abondantes et des inondations plus graves.  

Lorsque la température de l'eau augmente, son volume croît en conséquence. Les océans qui connaissent un réchauffement voient leur espace s'accroître, contribuant ainsi à hauteur de 50 % à l'augmentation du niveau des mers observée au cours des 25 dernières années.5  

Les températures en constante hausse, attribuables au changement climatique, engendrent une fonte estivale supérieure à la normale, tandis que la chute de neige se limite désormais à la fin de l'hiver et au début du printemps 6. Cette situation crée un déséquilibre entre les débits et l'évaporation, ce qui aboutit à une élévation du niveau des océans. 

 

5 minutes pour comprendre le fonctionnement de l’océan et la montée des eaux  

L'accroissement du niveau des mers constitue l'un des multiples impacts du changement climatique. La hauteur moyenne de la mer a connu une augmentation d'environ 23 cm depuis 1880, dont 7,5 cm au cours des 25 dernières années7. Chaque année, le niveau des océans et des mers s'accroît de 3,2 mm8. Selon des études rendues publiques le 15 février 2022, cette hausse du niveau des océans s'accélère de plus en plus et pourrait ajouter 30 cm supplémentaires d'ici à 20509. 

« L’élévation du niveau des mers est également corrélée à une dangerosité accrue des ouragans et des typhons qui se déplacent plus lentement, font tomber davantage de précipitations, et génèrent ainsi des ondes de tempête plus virulentes capables de tout dévaster sur leur chemin. Une étude montre qu’entre 1963 et 2012, près de la moitié des décès liés aux ouragans atlantiques étaient dus à des ondes de tempête ».10 

En parallèle, l'évaporation de l'eau dans les sols, les lacs et les rivières accroit les risques liés aux sécheresses. Les régions déjà arides peuvent connaître des périodes sèches plus fréquentes et plus intenses en raison de ces changements climatiques. 

 

Les conséquences des catastrophes naturelles sur le plan humanitaire 

 

 

Entre 1970 et 2019, on compte plus de 11 000 catastrophes de ce type signalées au cours des cinq dernières décennies à l'échelle mondiale. Ces événements ont entraîné un peu plus de deux millions de décès. 

 

Au cours de cette période, environ 50 % de l'ensemble des catastrophes étaient attribuables à des facteurs météorologiques, hydrologiques et climatiques. De plus, ces éléments ont été responsables de 45 % de tous les décès et de 74 % de l'ensemble des pertes économiques enregistrées. 

 

En Europe, on a recensé 1 672 catastrophes, ayant entraîné 159 438 décès et des pertes économiques évaluées à 476,5 milliards de dollars. Bien que les inondations (38 %) et les tempêtes (32 %) soient les principales causes de ces catastrophes, ce sont les vagues de chaleur extrêmes (canicules) qui ont engendré le plus grand nombre de décès, soit 93 % des cas, avec un total de 148 109 victimes au cours de cette période de cinquante ans. 

Parmi les phénomènes les plus dévastateurs, on peut citer les graves sécheresses ayant frappé l'Éthiopie en 1973 et en 1983 (total de 400 000 décès), le Mozambique en 1981 (100 000 décès) et le Soudan en 1983 (150 000 décès). 

En Asie, 3 454 catastrophes ont été recensées entre 1970 et 2019, provoquant la perte de 975 622 vies et des dommages économiques d'une valeur de 1 200 milliards de dollars. La majorité de ces catastrophes étaient liées aux crues (45 %) et aux tempêtes (36 %). 

Dans la région du Pacifique Sud-Ouest, on a enregistré 1 407 catastrophes, avec 65 391 décès et des pertes économiques de l'ordre de 163,7 milliards de dollars entre 1970 et 2019. Les tempêtes (45 %) et les crues (39 %) représentaient la principale cause de ces événements.

 

Globalement, les sécheresses ont été responsables du plus grand nombre de décès au cours des cinquante dernières années, avec environ 650 000 victimes, suivies des tempêtes (plus de 577 000 décès), des inondations (58 700 décès) et des vagues de chaleur extrêmes (près de 56 000 décès).».11 

 

La sécheresse est également un facteur déterminant dans l’accroissement des risques des feux de forêts. En outre, les incendies émettent d'énormes quantités de dioxyde de carbone et d'autres gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Lorsqu’ils se produisent à grande échelle, ils peuvent contribuer de manière significative aux émissions globales, ce qui aggrave davantage les changements climatiques et accélère le cercle vicieux. 

 

 

D'après un récent rapport élaboré conjointement par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et le centre d'information et de données GRID-Arendal, les altérations climatiques et les changements d'affectation des terres sont susceptibles d'accroître la fréquence et l'intensité des incendies. Les spécialistes anticipent une augmentation globale des incendies extrêmes pouvant s'élever à 14 % d'ici 2030, 30 % d'ici 2050, et même 50 % d'ici la fin du siècle.12 

Les changements climatiques exacerbent les incendies incontrôlés en accentuant la sécheresse, les températures élevées de l'air, la faible humidité relative, les décharges électriques et les vents violents. Ces facteurs concourent à prolonger et à intensifier les saisons des incendies en les rendant plus chaudes et plus sèches. Parallèlement, les incendies renforcent les changements climatiques en dévastant des écosystèmes vulnérables et riches en carbone, tels que les tourbières et les forêts tropicales. La faune et ses habitats naturels sont souvent touchés par ces incendies, ce qui met en péril la survie de diverses espèces animales et végétales, les poussant ainsi vers l'extinction. 

« Selon l'étude de la Banque mondiale qui a été réalisée en collaboration avec la Commission européenne, 1 euro investi dans la prévention des incendies de forêt permet d'économiser 2 euros de dommages », a déclaré ce mardi à la presse le commissaire européen à la Gestion des crises. Il a ajouté que les dommages infligés par les incendies de forêt en 2022 sont estimés à "au moins 2 milliards d'euros ».13 

 

L’inaction climatique renforce l’instabilité agro-alimentaire mondiale 

 

 

Les impacts sur l'agriculture et la sécurité alimentaire sont majeurs. Les variations climatiques influencées par le réchauffement mondial, comme les schémas de précipitations imprévisibles et les sécheresses plus fréquentes, peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur l'agriculture, entraînant des pertes de cultures et des difficultés d'accès à la nourriture pour certaines populations.  

Les catastrophes naturelles peuvent avoir des impacts durables sur l'environnement, tels que la dégradation des écosystèmes, la contamination des sols et de l'eau, et d'autres conséquences écologiques. 

« L’avenir de notre agriculture dépend de la bonne santé des écosystèmes. C’est un fait : depuis les années 1990, les populations d’oiseaux vivant en milieu agricole connaissent un déclin vertigineux (un tiers des effectifs ont disparu entre 2001 et 2018 en France), tout comme les populations d’insectes pollinisateurs. 

Ces disparitions sont symptomatiques du mauvais état de conservation de nos terres agricoles. En cause : l’intensification des pratiques agricoles au cours des soixante dernières années (utilisation massive d’engrais et de pesticides, agrandissement des parcelles, arrachage des haies…), mais aussi l’artificialisation des sols, qui détruit et fragmente des espaces naturels et agricoles. 

 

La production agricole est fortement impactée par les conséquences du changement climatique et la dégradation de la biodiversité. Selon la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), la dégradation des terres a notamment « entraîné une réduction de la productivité agricole sur 23 % de la surface terrestre », et la valeur monétaire des déficits de récolte liés à la disparition des pollinisateurs représente entre 235 et 577 milliards de dollars par an au niveau mondial ».14 

 

La pollution de l'eau souterraine par les produits chimiques et les déchets agricoles est un problème majeur dans les pays développés et en développement. L'agriculture est une source de pollution atmosphérique, notamment à cause de l’ammoniac, dont le bétail, les engrais minéraux et la biomasse sont les principaux émetteurs. De plus, l'agriculture contribue significativement aux émissions de méthane, ayant un impact environ 20 fois plus puissant que le dioxyde de carbone en termes d'effet de serre. 

 

À lire : Comment l’industrie du biogaz capte la pollution pour la transformer en énergie renouvelable  

 

Le changement climatique affecte l'agriculture de manière complexe. Les concentrations croissantes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère peuvent favoriser la croissance des plantes en améliorant l'efficacité de l'utilisation de l'eau et en stimulant la photosynthèse. Cependant, les températures mondiales augmenteront de manière significative d'ici 2100, avec des variations allant de 2 à 5,8°C. Les événements climatiques extrêmes tels que cyclones, inondations et sécheresses pourraient avoir des conséquences négatives sur les rendements des cultures, la sécurité alimentaire et la biodiversité.15 

Les effets négatifs seront plus prononcés dans les régions côtières, particulièrement dans les deltas densément peuplés et cultivés. Les impacts incluent la perte de terres cultivables en raison des inondations, ce qui pourrait détruire des moyens de subsistance. Les petits agriculteurs et les populations à faibles revenus seront les plus touchés par ces changements climatiques, surtout dans les régions déjà vulnérables aux catastrophes naturelles. 

 

Dégradation des infrastructures et des bâtiments causés par le dérèglement climatique 

 

 

Le cabinet d’étude Carbone 4 a développé une méthode d'évaluation des coûts des dommages causés aux infrastructures de réseaux en France pour certains secteurs. Pour le scénario intitulé « RCP 8.5 » à l'horizon 2050, en utilisant des exemples concrets d'infrastructures existantes ou des études européennes, les coûts supplémentaires pourraient atteindre environ 1,5 milliard d'euros annuellement pour les routes entre 2035 et 2050, équivalant à environ 10 % du budget total de rénovation des routes en France chaque année.  

 

Selon France Assureurs, les indemnisations moyennes pour les catastrophes naturelles devraient doubler d'ici 2050, passant de 2,4 milliards d'euros par an (1989-2019) à 4,6 milliards d'euros par an (2020-2050) dans le cadre du scénario RCP 8.5. Environ 35 % de cette augmentation est attribuée au changement climatique16. 

 

Les impacts néfastes sur l’économie et les chaînes d’approvisionnement 

Les catastrophes naturelles peuvent perturber les activités économiques locales et régionales, entraînant une perte de production, des fermetures d'entreprises, une diminution du commerce et du tourisme. Cela peut avoir un impact significatif sur le produit intérieur brut (PIB) d'une région. 

 

Selon les récents rapports du Center for Climate and Energy Solutions (C2ES), les entreprises majeures expriment leur inquiétude quant aux coûts engendrés par les fluctuations climatiques. Parmi les 91 plus grandes entreprises mondiales, la majorité reconnaît un risque actuel ou futur pour leurs opérations ou leurs chaînes d'approvisionnement, et 80 d'entre elles ont intégré le changement climatique dans leurs stratégies de gestion des risques 17. 

 

D’après la société d’assurance zurichoise SwissRe, le coût des catastrophes naturelles dans le monde s’élèverait à 275 milliards de dollars en 2022.18 Pour la France seule, le chiffre est estimé à 10 milliards d'euros. Un montant qui risque bien d'augmenter si les catastrophes climatiques extrêmes deviennent plus fréquentes avec le dérèglement climatique. 

L’événement climatique le plus coûteux de 2022 est l’ouragan Ian en Floride (de 50 à 60 milliards de dollars de sinistres), dépassant le précédent record établi par l’ouragan Katrina en 2005. L’assureur suisse « cite aussi les dommages causés par la grêle en France (plus de 5 milliards de dollars) et les tempêtes hivernales dans le nord-est de l’Europe (plus de 4 milliards de dollars) ». 

 

Dommages sanitaires et coûts de la santé publique dans un contexte de crise climatique mondial 

 

 

L'inaction climatique peut entraîner une détérioration de la qualité de l'air et de l'eau, ainsi qu'une augmentation des maladies liées à la pollution et aux températures extrêmes. Les coûts de la santé publique, y compris les dépenses médicales et les journées de travail perdues, peuvent augmenter considérablement en raison de ces problèmes de santé. 

Outre les impacts visibles sur les moyens de subsistance des populations, le réchauffement climatique pourrait avoir un effet direct sur la santé humaine. Les zones ayant contribué le moins aux changements climatiques risquent d'être les plus exposées aux maladies résultant de l'augmentation des températures, ce qui pourrait entraîner une hausse des décès. Les régions côtières bordant le Pacifique, l'océan Indien et l'Afrique subsaharienne sont particulièrement vulnérables aux conséquences du réchauffement climatique. 

 

D'après le GIEC sur l'évolution du climat, les effets du réchauffement climatique auront des répercussions sur la santé des populations vivant dans les régions tropicales. Ces conséquences sont toutefois observées dans d'autres pays.  

 

Aux États-Unis, des cas de paludisme ont été signalés, tandis qu'au Royaume-Uni, en 2006, plusieurs cas de légionellose - une infection pulmonaire causée par une bactérie - ont été attribués au réchauffement climatique. L'OMS (Organisation Mondiale de la santé) prévoit également une augmentation des maladies transmises par les insectes au Royaume-Uni et en Europe en raison du réchauffement climatique19. 

« Les experts mondiaux scrutant cette région du globe (zones péri-arctiques) particulièrement touchée par le réchauffement climatique estiment plausible une augmentation spectaculaire de l’incidence d’autres maladies infectieuses de type zoonoses (bactériennes : brucellose, maladie de Lyme, leptospirose – virales : rage, fièvre à Hantavirus, encéphalite à tiques, encéphalite de West Nile) ».20 

Les périodes prolongées des canicules peuvent également avoir des effets graves sur les populations vulnérables.  

 

Coûts géopolitiques et augmentation du risque des conflits  

 

 

Les impacts du changement climatique, tels que les pénuries d'eau et les déplacements de populations, peuvent exacerber les tensions géopolitiques et contribuer aux conflits, ce qui peut avoir des coûts humains et économiques considérables. 

 

Le rapport A New Climate for Peace produit pour le G7 stipule que « le changement climatique va mettre sous tension nos systèmes économiques, sociaux et politiques. Là où les institutions et les gouvernements sont incapables d'apaiser ces tensions ou d'amortir les chocs du changement climatique, les risques d'instabilité pour les États et les sociétés augmenteront ».21 

 

Les écarts croissants entre les régions Nord et Sud, tant en termes de potentiel de production agricole que d'insuffisance alimentaire, semblent probables. Cela découle de l'expansion des terres cultivables dans l'hémisphère Nord et de la diminution des terres arables au Sud. Il y a un risque croissant que les nations en développement deviennent dépendantes des importations pour leur sécurité alimentaire.  

Dans son rapport de mars 2014, le GIEC alertait déjà sur la possible augmentation des risques de conflits à travers le monde. « Dans les régions sèches, la fréquence des périodes de sécheresse va probablement augmenter d'ici 2100.  (…) Le changement climatique va accroitre indirectement les risques de conflit violent de type guerre civile, violence interethnique et violentes manifestations en exacerbant les facteurs déjà établis comme la pauvreté et les crises économiques » 22. 

 

L’eau, bien entendu, figure au centre de toutes les préoccupations car la demande augmente de manière exponentielle avec la croissance démographique et le développement industriel et agricole. Cela entraîne une pression accrue sur les ressources disponibles, en particulier dans les régions déjà arides ou touchées par le changement climatique.  

 

Les ressources en eau douce étant limitées, les États et les acteurs régionaux se disputent les accès et les droits d'utilisation de ces ressources vitales. De nombreux cours d'eau traversent plusieurs pays, ce qui complique la gestion et la régulation. Les désaccords surgissent quant à la manière de répartir équitablement l'eau et de garantir son accès à tous les utilisateurs. 

«Le changement climatique pourrait être à l'origine d'une redistribution sans précédent de certaines ressources au cours du siècle, redistribution qui le plus souvent aggravera les déséquilibres déjà existants. Cette nouvelle répartition ne manquera pas de créer ou d'amplifier des conflits pour le contrôle des ressources, mettant aux prises victimes et responsables » 23. 

 

Quel est le coût de la transition écologique ?  

 

 

Selon la Cour des comptes européenne, en se basant sur les travaux du HLEG (High Level European Group), la transition écologique à l'échelle de l'Europe entre 2021 et 2030 coûterait environ 11 200 milliards d'euros, soit une moyenne annuelle de 1 120 milliards d'euros. Étant donné que la France représente environ 13% de l'économie européenne, le coût national pourrait être évalué à environ 145 milliards d'euros par an (soit environ 6% du PIB français de 2022) 24 25. 

« Le think tank I4CE, proche de la Caisse des dépôts et de l’AFD (Agence française de développement), estime les investissements nécessaires, en supplément de ce qui existe déjà, dans une fourchette de 45 à 75 milliards €/an. Les investissements (publics et privés) actuellement tournés vers la transition énergétique étant évalués à 20 milliards € par an, le coût total serait donc, selon I4CE, de 65 à 95 milliards €/an. Pour fixer des ordres de grandeur, rappelons que la totalité des investissements industriels français est annuellement de 400 milliards € et que le PIB national avoisine 2 300 milliards €. 

Pour atteindre les objectifs nationaux de la stratégie nationale bas carbone (SNBC), dans sa version établie en 2015, l’Ademe et l’OFCE ont estimé que l’investissement annuel supplémentaire devrait se situer entre 43 et 62 milliards € (soit un coût total compris entre 63 et 82 milliards €/an).  

Enfin, une dernière estimation très « macro » a été faite par Nicholas Stern lorsqu’il a montré que cela reviendrait moins cher de lutter contre le changement climatique que d’en subir les effets : l’ancien vice-président senior de la Banque mondiale a évalué à environ 2% du PIB les efforts supplémentaires à accomplir chaque année, soit près de 46 milliards €/an dans le cas de la France ». 

 

D’après Philippe Quirion, économiste au Cired et directeur de recherche au CNRS : « continuer avec les politiques actuelles, qu’on continue de retrouver dans plusieurs programmes présidentiels, nous coûtera plus cher à long terme que de mener à bien la transition écologique.26 

 

Toutefois, mener des politiques publiques de façon isolée pour lutter contre la crise écologique est contre-productif. La solution réside dans une mise en commun des moyens et des luttes à l’échelle européenne voire mondiale.  

« Au sein de l’UE, la création monétaire pourrait être fléchée pendant 30 ans vers l’économie réelle de la transition énergétique : chaque pays disposerait annuellement d’un droit de tirage de 2% de son PIB (46 milliards € pour la France) de financements à taux zéro pour des investissements privés et publics nécessaires à la transition. Il est également proposé de créer une taxe de 5% sur le bénéfice des sociétés membres des pays de l’Union. Cette dernière pourrait rapporter 100 milliards € à l’Europe (soit environ 13 milliards € pour la France).  

Les deux dispositions majeures décrites précédemment permettraient de couvrir les 60 milliards €/an supplémentaires qui sont nécessaires, les 20 milliards €/an déjà apportés par l’État complétant le dispositif de financement ainsi porté au total à 80 milliards €/an. 

D’autres recettes existent ou pourraient être mises en place. Il y a bien sûr la taxe carbone qui, quoi qu’en disent certains, ne doit pas être supprimée mais au contraire augmentée au fil du temps, à condition que son produit soit intégralement réinvesti dans la transition énergétique. En France, elle a rapporté 10 milliards € en 2018. Les Suédois l’ont mise en place dès 1996 et son montant est aujourd’hui 4 fois plus élevé qu’en France. Elle sert au financement des économies d’énergie. Selon un sondage OpinionWay pour l’Ademe, 84 % des chefs d’entreprise français y sont favorables ».27 

 

L’investissement responsable comme support de stabilité sociale et économique à long terme 

 

 

Il est indéniable que les énergies fossiles ont historiquement offert des rendements financiers attractifs à court terme en raison de leur disponibilité, de leur demande continue et de leurs infrastructures établies.  

 

Cependant, cette rentabilité immédiate est accompagnée d'effets dévastateurs sur l'environnement et le climat, ce qui entraîne des coûts cachés à long terme, y compris des perturbations climatiques et des coûts sanitaires et géopolitiques de grande ampleur comme nous l’avons évoqué précédemment. 

 

Au cours des dernières décennies, le concept de durabilité est devenu un pilier essentiel pour de nombreux investisseurs. La prise de conscience croissante des enjeux liés au changement climatique a encouragé les acteurs financiers à adopter une approche plus responsable dans leurs choix d'investissement. Ainsi est né le marché des placements durables, mettant l'accent sur les entreprises et les projets qui s'engagent activement dans des pratiques respectueuses de l'environnement. 

 

À lire : Les tendances et les évolutions du marché des placements dans les énergies renouvelables 

 

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Financer la transition écologique

 

Bien que les placements dans les projets durables offrent des opportunités intéressantes et fassent preuve d’une moindre volatilité, ils ne sont pas exempts de défis et de risques. Les investisseurs doivent faire preuve de prudence et de diligence dans leurs choix d'investissement. 

 


Sources : (1) https://economie.eaufrance.fr/les-couts-et-dommages-environnementaux(2) https://news.un.org/fr/story/2021/09/1102862(3) https://theshiftproject.org/article/climat-synthese-vulgarisee-6eme-rapport-giec/(4)https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/ONERC_Panneaux_expo_CCC_MAJ-2019_800x1100_DEFweb.pdf(5) https://climate.nasa.gov/news/2680/new-study-finds-sea-level-rise-accelerating/(6) https://www.nationalgeographic.com/environment/article/big-thaw(7) https://www.globalchange.gov/browse/indicators/global-sea-level-rise(8) https://climate.nasa.gov/vital-signs/sea-level/(9) https://www.noaa.gov/news-release/us-coastline-to-see-up-to-foot-of-sea-level-rise-by-2050 (10) https://www.nationalgeographic.fr/environnement/elevation-du-niveau-de-la-mer-les-chiffres-clefs

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