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Publié le 23 juin 2021 | par Florence S.

L'interview de Lumo... avec CVE

Vendredi dernier, Lumo lançait l'ouverture de sa plus importante collecte de financement participatif depuis sa création pour soutenir le plan de développement multi-pays et multi-énergies du groupe CVE, Changeons notre Vision de l’Énergie. Objectif : 4 000 000 €.
A cette occasion, Jean-François Mouton, Directeur des Relations Investisseurs du groupe CVE, partage, dans un entretien avec Lumo, la vision stratégique du développement du Groupe et l'ouverture de son financement à l'investissement citoyen.

Brièvement, comment décririez-vous le groupe CVE ?

Entreprise française créée en 2009, CVE est un producteur indépendant d’énergie renouvelable multi-pays et multi-énergies. Nous sommes donc implantés en France, au Chili, aux États-Unis, ainsi qu’en Afrique du Sud, et présents sur les marchés du photovoltaïque, de l’hydroélectricité et du biogaz.
Nous avons un parc en exploitation et en construction de 450 MW de puissance, permettant d’alimenter en énergie l’équivalent d’une ville de 330 000 habitants. Et ce parc représente un investissement de 632 millions d’euros pour le groupe CVE.

Selon vous, qu’est-ce qui caractérise le groupe CVE ?

Depuis sa création, le groupe CVE développe une stratégie spécifique basée sur la production d’énergie décentralisée avec un modèle de vente directe et en circuit-court ; l’objectif étant de répondre aux besoins énergétiques et environnementaux des entreprises et des collectivités par des infrastructures de production locale, aussi bien en France qu’à l’international.

Que signifie CVE ?

A sa création, le groupe s’appelait CVE pour Cap Vert Energie. Du fait de l’internationalisation de nos activités, nous avons décidé, il y a un peu plus d’un an, de renommer CVE pour Changeons notre Vision de l’Energie en français et Changing our Vision of Energy en anglais.
Cette appellation traduit surtout notre volonté d’être une entreprise à impact, tant sur l’aspect énergie que sur l’aspect environnemental mais également sociétal. Nous souhaitons faire partie de ces acteurs qui provoquent du changement !

Pouvez-vous nous dire un mot sur votre plan de développement à horizon 2025 ?

Le groupe a pour objectif de se développer de façon conséquente d'ici à cinq ans, avec l’ambition de multiplier par cinq le parc actuel. C’est-à-dire que les 450 MW actuels deviendront 2 GW d’ici à 2025, ce qui représente l'équivalent de la consommation d'une métropole comme Aix-Marseille. 
Dans le même temps, nous allons accélérer le développement de notre activité de méthanisation qui produira l'équivalent de la consommation de 3 000 bus urbains en bio GNV (Gaz Naturel Comprimé) ou 58 000 foyers en ce qui concerne le gaz de ville.
Ceci s’applique à la France, mais pas seulement, puisque nous prévoyons au moins 50% de notre développement à l’international, donc au Chili, aux Etats-Unis et en Afrique où nous sommes déjà présents. 

Faisons un focus sur le développement en France tout d’abord. Qu’en est-il ?

Nous avons la volonté de construire un modèle qui soit environnemental et écologique, mais également économique et compétitif, avec toujours cet objectif d'avoir une base très stable en France avec 50% de nos actifs sur le territoire.
Notre progression en France reste conséquente mais sera plus modeste sur le solaire, marché relativement mature et industrialisé, et plus accentuée sur la méthanisation.
Nous avons déjà engagé ce développement, et cette diversification de notre mix énergétique, avec la construction de trois nouvelles unités de méthanisation. A horizon 2025, cette activité représentera un quart de notre chiffre d'affaires. 
Parallèlement, nous poursuivons notre approche de vente directe de l’énergie avec notre offre Respeer qui nous permet de proposer la production d’énergie de nos centrales solaires à des partenaires, collectivités ou entreprises, ou aux fournisseurs professionnels.

Quant à l’international ? Parlez-nous de cette forte accélération prévue.

Les territoires à l'international se développent un peu plus rapidement qu'en France. 
Concernant les États-Unis : c’est un marché à fort potentiel, mais à forte compétitivité aussi qui nécessite d’avoir une approche innovante. Dans ce sens, depuis 2018, nous développons notre modèle de vente directe de l'énergie que nous produisons à destination des particuliers ou des entreprises. Ainsi, entre 2018 et 2020, suite au lancement de notre marque Halo Community Solar, nous comptons déjà 800 particuliers et entreprises qui achètent notre énergie en direct. 

Quant au Chili, où nous sommes implantés depuis quelques années, nous prévoyons également un fort développement, notamment sur le solaire. La culture du soleil y est bien ancrée et accompagnée d’une forte volonté politique de transformer rapidement la production énergétique vers du bas carbone, assortie d’un mécanisme de marché du prix stabilisé, nous permettant de nouveau de déployer une approche de vente directe. 
De la même manière que sur nos autres territoires d’implantation, nous avons des centrales de taille intermédiaire situées autour des grandes métropoles chiliennes, ce qui permet d'être à proximité du consommateur. 

Pourquoi ouvrir le financement de ce plan au grand public ?

Cela fait avant tout partie intégrante de notre culture d’entreprise ! 
Depuis sa création, CVE a toujours impliqué des investisseurs privés dans le financement de sa croissance. Auparavant réservé à un cercle restreint d'investisseurs confirmés, le financement participatif permet aujourd’hui de démocratiser cette démarche en offrant cette possibilité à tout citoyen.
En même temps, cette démarche facilite l'ancrage de nos projets, ce qui est essentiel pour soutenir notre approche très territoriale auprès des collectivités et des citoyens qui sont, in fine, les consommateurs de l'énergie que nous produisons.

Quel est votre retour d’expérience en la matière ? Quels sont les bénéfices pour les investisseurs ?

Le bénéfice pour les investisseurs en financement participatif est double : il est à la fois dans leur positionnement - à savoir de devenir des acteurs de la transition énergétique - tout en bénéficiant des retombées économiques de cet investissement. 

Un vrai changement est en train de s’opérer dans ce domaine. Depuis plusieurs années, on note une plus forte emprise citoyenne de la part des investisseurs qui souhaitent constituer une épargne plus éthique, qui ait du sens. Autre engouement notable : il s’agit d’un investissement fléché et transparent, c’est-à-dire que les investisseurs, savent à quoi sert leur argent. Ils connaissent et font partie de notre projet d’entreprise.
Et comme il s’agit aussi d’orienter son épargne vers un investissement rentable, le secteur des énergies renouvelables, en hausse depuis plusieurs années, reste attractif et plutôt résilient face aux crises, comme le prouve celle que nous venons de vivre.

Enfin, n’oublions pas que les investisseurs participent au financement d’une entreprise française qui aujourd'hui est encore une belle PME, et pourrait demain faire partie des champions français grâce aussi aux investisseurs privés qui nous font confiance.

 

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