Publié le 05 juin 2020 | par Olivier H.

Décollage imminent !

Dans la liste des actions gouvernementales destinées à soutenir ou relancer notre économie, on entend que l’État va injecter 7 milliards d’euros dans les soutes du secteur aérien. Ça sent la relance grise sur la passerelle d’embarquement. 

Et hop, une petite dose de dette publique supplémentaire pour soutenir un secteur en difficulté.

Rappelons-nous que ce type de décision n’engage pas que la responsabilité du politique qui la prend. Elle a un double effet dans la durée : une charge de plus à rembourser pour les générations futures, pour une action qui ne va pas dans le sens d’une amélioration du cadeau climatique que nous leur laissons. Difficile à comprendre.

A titre personnel, je n’avais pas l’intention d’emprunter de l’argent, puis de léguer cette dette à mes enfants, pour financer quelque chose qui ne sert pas leur avenir. Un début de flygskam (« honte de prendre l’avion »), une autre de ces nouvelles formes de pathologie collective ? … Sans doute plutôt le souhait plus personnel de faire des choix réfléchis et la décision de mieux gérer certaines de mes compulsions. 

Car moi aussi j’aime découvrir des contrées lointaines ou gagner du temps avec un Paris-Bordeaux, parfois pour moins cher qu’une salade en terrasse en plein mois d’août.

Oui mais voilà, sous l’angle climatique, l’avion est le moyen de transport le plus polluant et pourtant le plus en croissance depuis 40 ans. Les chiffres ont de quoi donner le tournis. À chaque battement de cœur, un avion décolle quelque part sur la planète, ce qui représente environ 72 vols par minute et 38 millions de vols par an. En 2019, 4,3 milliards de passagers ont embarqué sur l’une des 1300 compagnies aériennes qui parcourent le monde. Et le trafic mondial continue d’augmenter sur le rythme d’un doublement tous les 10 ans.

Au total, l’aviation civile ne génère “que” 2,6% des émissions de CO2 ... Ça fait un gros milliard de tonnes par an quand même ! Pour combler des besoins réels ou pour satisfaire de simples envies ?

Je me dis qu’il faut atterrir ! Se rappeler que la terre ferme c’est aussi un chouette endroit et qu’on a tout intérêt à prendre individuellement et collectivement des décisions qui vont nous aider à nous « dé-coller » de notre addiction à une consommation frénétique d’énergie (d’origine aujourd’hui majoritairement fossile, je ne l’oublie pas).

Ah, un bon bouquin dans un TGV confortable (au lieu d’une notice de sécurité dans un siège exigu de ligne intérieure) pour aller bronzer sur nos belles plages du Sud-Ouest (plutôt que celles du bout du monde) ou randonner dans les Pyrénées (plutôt qu’à La Réunion) ….

Ça me parait assez accessible comme programme pour réduire les gaz …. Et repousser le moment où on devra bien attacher nos ceintures !

Olivier Houdaille, Président de Lumo

 

Plateforme de financement participatif régulée par les autorités françaises

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